écritures

Le quotidien est mort!

Je l'ai tué hier... Un combat singulier, un adversaire redoutable... J'ai failli y passer, je manquais de souffle. Ça faisait des années que nous luttions de face, de côté, de trois quart, de dos, de profil, jour après nuit, nuit après jour, inlassables, quotidiens...

Lui avait des alliés, moi... juste une araignée, tisseuse de rêves, de merveilles, de folies, aucune régularité, aucun suivi... je dirai dilettante, voire nonchalante... Artiste quoi!... Mailles filées sans filet au gré de l'imagination ou de l'humeur, l'oeuvre au noir, en grand secret, gardienne de l'esprit à l'ultime limite, à la dernière lettre...

Lui avait l'appui de la presse, de la majorité et de l'opposition... La sécurité sociale, les supports publicitaires, les détersifs, et beaucoup de gens. Il était très actif et faisait campagne tous les jours, alors, forcément!...

Je me souviens de batailles innombrables, sans autre victoire que l'horreur coutumière qui accompagne, inexorable, toutes ces pratiques et les pauvres gens au cimetière... J'en frissonne encore, et même davantage aujourd'hui; j'ai les blessures profondes et les tempes blanchies... J'ai vu l'amour assassiné, la tendresse aux orties...

J'ai peur qu'en des lieux publics, qu'en des urnes répugnantes ne se fonde à nouveau la bête ignoble, dévoreuse de vies, grignoteuse de présent!... Mais non, c'est fini, le quotidien est mort! Il m'attendait au détour d'une page...

J'AI REFERMÉ LE LIVRE!!!!

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prémices charles coutarel